mercredi 15 février 2017

Incroyable Tsukuru

Je ne suis pas critique littéraire. Ne vous attendez donc pas à une exégèse du livre de Haruki Murakami « L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage », d'autres s'en chargent avec expertise.

Pour écrire, il faut lire, se nourrir, voyager dans l'imaginaire des autres et j'aimerais simplement partager en quelques lignes le sentiment que m'a procuré ce livre que je viens de terminer.

Bien sûr, je suis sans doute partial car Haruki Murakami fait partie de ces auteurs qui pour moi procurent un bien être immense. Depuis la lecture des « Amants du spoutnik » il y a quelques années, il est devenu un compagnon de lecture régulier. Et je le laisse, en confiance, m'emmener dans ses univers sensibles.
Tsukuru, le personnage du livre, est un être banal, sans charisme, sans histoire, sans couleur. Pour l'amour d'une femme, il va devoir effectuer un pèlerinage, une remontée du temps, seize ans en arrière, sur ce moment où tout s'est arrêté, brisé net. Alors que lycéens, lui et quatre amis formaient un groupe uni par une indéfectible amitié, Tsukuru sera exclu du groupe, sans explication.
Pour libérer sa vie actuelle, il va devoir effectuer ce retour dans le passé et affronter la peur de ce qu'il peut découvrir.
Ne sommes nous pas tous, à un moment ou un autre de notre vie, des Tsukuru aspirant à remonter parfois le cours du temps pour comprendre un instant, pour faire parler les silences du passé ?
Tels les saumons mus par l'instinct qui les mène au lieu de leur naissance, nous aussi remontons parfois le cours de nos existences à la recherche d'une vérité, d'un indice. Et la remontée est souvent difficile, voire périlleuse. Dans cette pérégrination à contre-courant, les prédateurs nous attendent dans les passages étroits et sombres.
J'aime cette métaphore du saumon qui fait écho à nos propres vies où la nostalgie et les blessures nous conduisent à interroger notre passé pour mieux construire notre avenir et vivre notre présent.
Cette expédition dans les couches enfouies de nos actions passées peut libérer notre capacité à inventer nos vies, à les dessiner ou les redessiner.

Ainsi, Tsukuru va-t-il dépasser cette épreuve et sortir de la paralysie qui faisait de lui une ombre immobile.

Et pour nous, qu'en est-il ?

Lisez donc ce magnifique roman

« L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage » de Haruki Murakami

Philipp Larsen

mardi 7 février 2017

Fukushima, après la pluie

« Fukushima, après la pluie », c'est quoi ce livre ?


Je me rends compte à l'instant à quel point il est difficile de parler de ce que l'on écrit.
Fukushima après la pluie, ce sont vingt sept nouvelles réunies dans un ouvrage. Des nouvelles courtes de quelques pages chacune. Des tableaux qui racontent un instant.
Elles sont intemporelles et si certaines se déroulent en Norvège, en Asie, à New York ou dans la plaine de Russie, beaucoup gardent une incertitude géographique assumée. L'imprécision c'est aussi la possibilité pour le lecteur de construire ses propres décors, de projeter son imaginaire et de se fondre dans le texte et les émotions qu'il porte.
Ces nouvelles sont le reflet de mon rapport au monde, aux femmes, aux sentiments. Certaines sont récentes, d'autres remontent à quelques années.
J'ai voyagé, un peu. J'ai déménagé, beaucoup, passant d'un milieu urbain à rural, francophone à anglophone. Ma vie est un zig-zag qui m'a permis nombre de rencontres dans des environnements très différents. Cela m'a nourri. Je suis devenu un homme enrrichi de toutes ces rencontres.
Pendant longtemps, je ne voyais pas la nécessité de publier. Mes textes s'empilaient et je les oubliais une fois écrits. C'est après avoir passé plusieurs années dans le secteur culturel que certaines choses me sont devenues évidentes. Durant les neuf dernières années, j'ai en effet programmé des événements culturels, participant ainsi à la mise en lumière de nombreux artistes le temps d'une soirée, d'un spectacle. Et je me suis rendu compte combien le partage avait de l'importance. Ces créations, qu'elles fussent musicales, théâtrales, dansées ou autre, envoyaient une marque d'affection, une émotion vers le public. On n'embrasse pas le vide. Alors je me suis dit qu'il fallait que je partage avec le monde qui m'entoure certaines de ces émotions que je cachais au cœur de mon écriture. D'où ce recueil.

Je ne sais pas si je suis un auteur optimiste ou pessimiste. Devrais-je être l'un ou l'autre ?
Ne peut-on être l'un et l'autre ?
La joie, les désirs, les plaisirs et le bonheur existent dans ces textes. Ils en sont même l'essence. Pourtant ceux-ci sont souvent éphémères, volatiles comme les aigrettes d'un pissenlit sur lequel on souffle.
Dans ces nouvelles, je vous conduirai au bord d'un fjord en compagnie d'une évanescente jeune femme, vous ferez la connaissance d'Hécate la déesse de la lune, d'Ulysse qui erre dans Brooklyn, d'une mariée qui casse les codes, d'une frontière aussi solide qu'un mur de marbre, vous découvrirez le dernier des déluges, Kun-Thea, guide sensuelle sortie des ruines d'Angkor et le silence de Fukushima...


Pour chacun de ces textes, je me suis immergé dans un univers avec une telle ferveur que, par moment, la force de mon imaginaire a rattrapé ma réalité.
Un certain nombre de musiques ont accompagné mon travail d'écriture. Entre autre la polonaise de Shigeru Umebayashi (BO du film 2046 de Wong Kar Wai), le concerto n°2 de Rachmaninov, le thème principal du film Interstellar, le Requiem de Mozart, Cold Song de Klaus Nomi, Life on Mars de D. Bowie ...

Je vous invite donc dans mon univers. Il est à vous.  




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